Thierry Rousseau de Saint-Aignan

Pseudomonarchia Daemonum

Traduction française du Pseudomonarchia Daemonum

Pseudomonarchia Daemonum

Pseudomonarchia daemonum traduction francaise jean wier et thierry rousseau de saint aignan

Le Livre des Démons suivant Jean Wier, par Thierry Rousseau de Saint-Aignan.

Afin que la connaissance secrète des factions Sataniques ne soit pas réservée à quelques-uns, j’ai souhaité joindre au propos du Praestigiis Daemonum, cette Pseudomonarchia Dæmonum, extraite des archives du Acharonticorum Vassallorum. Mon intention n’est pas de présenter à la face du monde, les blasphèmes de ces hommes ensorcelés qui n’ont pas honte de se faire appeler magiciens. Par leurs curiosités, leurs déceptions, leur vanité, leurs tours, leurs impostures, leurs délires, leurs mensonges évidents, ils ne méritent nullement d’être mis en avant. Lorsqu’on les perçoit à la lumière du jour, on voit bien que leur esprit est délirant. En cette époque des plus infâmes, où le royaume du Christ est si fortement attaqué par la tyrannie immense et impunie de ceux qui accomplissent ouvertement les sacrifices à Bélial, ces hommes recevront sans aucun doute très bientôt, leur juste punition. C’est à eux que je dédie volontairement mes heures perdues à écrire, qui pourront peut-être, grâce à l’inépuisable miséricorde de Dieu, les ramener à la vraie vie. A ceci, je les exhorte de toute mon âme, afin qu’ils retrouvent la joie et la bonne fortune.

Cependant, par peur que certains, trop curieux, n’osent imiter cette preuve de folie, j’ai omis volontairement d’écrire certains passages de cette étude, afin de rendre l’ensemble inutilisable. En vérité, ces connaissances ne sont pas pour le genre humain. Elles se retrouvent écrites pourtant dans Les fonctions des Esprits, c’est-à-dire dans le Liber Officiorum spirituum, et le Livre appelé Disciple de Salomon, regroupant les Princes et les Rois infernaux qui peuvent être contrôlés par la vertu divine et celle des hommes.

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L’intervention la plus exécrable des Démons sur les hommes, porte principalement sur la possession, qui peut s’exercer sur une personne, mais également sur un objet ou un lieu. Pour ce qui en est des personnes possédés, appelés démoniaques ou maléficiés, la possession doit être avérée avant toute intervention. En effet, de nombreux signes sont communs aux démoniaques et aux malades sujets à des troubles naturels ou psychologiques. Deux cas de figures se présentent alors : le sujet peut avoir été ensorcelé ; Le sujet peut être réellement possédé. 

Dans un cas d’ensorcellement ou de maléfice, les premiers signes sont l’incapacité du médecin à reconnaître la maladie de la personne atteinte. La prescription de médicament, aggrave la maladie et ne la soigne pas. Aucun diagnostique fiable ne peut être apprécié, les symptômes semblant inconstants ou se modifiant au fil du temps. Ceux qui souffrent de maléfices ont les yeux baissés, la peau d’une couleur particulière, c’est-à-dire allant du jaune au marron. La personne s’affaiblit et maigrie à outrance. Les membres se lient et le corps se recroqueville sur lui-même. La victime souffre dans tout son corps, sans être en mesure de spécifier l’endroit exact de la douleur. Le ventre se tord violemment, passant du froid le plus intense à la brûlure la plus insoutenable. L’impuissance et la stérilité sont vérifiées. La personne devient tout particulièrement faible d’esprit, proche de la débilité. La fièvre va et vient. Des crises de convulsions et d’épilepsie deviennent récurrentes. La fatigue devient lourde et empêche le malade de bouger. Lorsque le malade regarde un homme de Dieu, ses yeux se révulsent ne laissant percevoir que le blanc de l’œil. 

Il est clair que ce mal est alors provoqué par une malédiction. L’Exorcisme calmera les douleurs, mais la guérison ne sera effective qu’en trouvant l’homme ou la femme responsable du maléfice. La mort de l’envoûteur, sauve avec assurance le pauvre qui est envoûté. 

Dans un cas de possession, le premier objectif d’un Exorciste, est de découvrir comment le Démon est entré dans le corps du démoniaque. Pour ce faire, il cherchera à comprendre à quelle occa-sion le Démon s’est manifesté, avant de prendre possession du corps. Ensuite, l’enquête cherchera à découvrir les indices physiques et étranges qui peuvent dénoncer la possession, comme la fureur dans les yeux de la victime, le blasphème dans sa bouche, la grossièreté dans son langage, ou au contraire, l’interprétation des Saintes Ecritures et une éloquence toute particulière et inhabituelle. 

Parfois, les démoniaques révèlent des propos ou des choses cachées, trouvent une habileté à dire ou faire des actions qu’ils ne devraient pas maîtriser ou qu’ils ignoraient pouvoir faire ou dire jusqu’alors. Bien souvent, le Démon se montre sur le corps du démoniaque, glissant entre la peau et les os de la pauvre victime, ou déformant son corps, comme s’il voulait en sortir la main ou le pied. Il remonte également à la gorge et en développe le volume, comme si le cou était prêt à éclater. D’autre fois, il apparaît sous la forme d’un petit insecte ou d’un vers qui rentre dans le nez, la bouche, les oreilles ou les parties honteuses de la victime. Le Démon se sert de sa possession pour s’exprimer comme un animal, en poussant de petits cris ou au contraire, en rendant la victime complètement muette. En général, les signes qui tendent à confirmer la possession, bien qu’ils soient tous à vérifier, portent sur un changement brutal de la façon d’être et de vivre de la victime. Son sommeil devient lourd ou au contraire impossible, sans raison apparente. Il abandonne la foi en Dieu, pour psalmodier des prières blasphématoires et répugnantes. Il peut même aller jusqu’à invoquer le Démon lui-même, ce qui se traduit par un phénomène extraordinaire de lévitation. Il devient colérique et furieux. 

Cependant, tous ces signes ne sont pas encore suffisants. Le démoniaque lance des hurlements intempestifs sous la forme de cris que seule une bête sauvage peut faire. Il accompagne ces vociférations par des grimaces horribles et menaçantes. Ces opérations vitales se ralentissent, voire, semblent s’arrêter. Ces membres deviennent rigides et se fixent sans pouvoir être mus, puis se remettent soudainement en mouvement, procurant au démoniaque une force surhumaine. Il recherche alors la solitude et l’obscurité. Il devient suicidaire, cherchant la mort par pendaison, se jetant dans le feu ou dans l’eau. 

Enfin, les derniers signes confirmeront la possession. Le démoniaque parlera des langues inconnues et étrangères, sans les avoir apprises. Il chantera, écrira, lira avec une capacité et une éloquence exceptionnelle et inconnue alors. Il révélera les secrets qu’aucun homme ne peut connaître, sans les avoir appris du Démon. Il révélera les péchés des autres, ainsi que les choses éloignées qu’il ne peut voir ni connaître. Pour terminer, si le démoniaque ne peut réciter des paroles sacrées ni invoquer le nom de Dieu ou de Jésus-Christ, s’il est terrifié devant la sainte eucharistie ou lorsqu’on lui trace la croix sur le front avec de l’eau bénite, c’est qu’il est réellement possédé. L’Exorcisme reste alors le seul et unique remède pour le sauver. 

 

 

          1) Introduction de Thierry Rousseau de Saint-Aignan

          2) Bibliographie