Thierry Rousseau de Saint-Aignan

Manuel religieux et Règle Primitive de l'Ordre du Temple

Le Tome II de Thierry Rousseau de Saint-Aignan, développe les bases spirituelles et le Manuel Religieux des Templiers, à partir de la Règle de Saint-Bernard

Histoire de l ordre du temple manuel religieux et regle primitive thierry rousseau de saint aignanTOME II

Histoire de l'Ordre du Temple - Manuel Religieux et Règle Primitive

(Préface de Saint Bernard)

Ecoutez attentivement, mon fils, les préceptes de votre Maître. Prêtez l’oreille de votre cœur. Recevez avec joie, et accomplissez d’une manière effective l’instruction d’un père charitable, afin que vous puissiez, par les travaux de l’obéissance, retourner à celui duquel vous étiez séparé par la mollesse et la lâcheté de la désobéissance. C’est donc à vous, présentement, que ma parole s’adresse. Vous, dis-je, qui que vous soyez, qui vous dépouillant de votre volonté propre, revêtez des armes de l’obéissance, si nobles et si redoutables, pour vous engager dans le combat, sous les étendards de Jésus-Christ, le Seigneur et le véritable Roi. 

Le premier avis que je vous donne, est de lui demander par de très instantes prières, qu’il lui plaise de consommer tout le bien que vous pourrez entreprendre, afin qu’après nous avoir fait la grâce de vous mettre au nombre de ses enfants, il n’ait pas sujet de s’affliger de votre mauvaise conduite. Car, vous devez lui obéir de telle sorte, et faire en tout temps un usage si fidèle de ce don d’obéissance que vous avez reçu de sa bonté, que non seulement il n’ait pas lieu, en qualité de Père, de s’offenser du dérèglement de vos mœurs, et de vous déshériter comme des enfants ingrats. Mais, encore de vous punir comme un maître redoutable et irrité par vos excès, et de vous condamner comme de méchants serviteurs à des peines éternelles, parce que vous n’avez pas voulu le suivre, et acquérir par votre obéissance la gloire qu’il vous avait préparée.

Réveillez-vous donc enfin, puisque l’Ecriture vous appelle, en vous disant que l’heure est venue, et qu’il est temps de sortir de votre sommeil. Saint-Paul le dit, dans le Chapitre 13 de l’Epître aux Romains :

« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais-le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; Car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car les magistrats sont des ministres de Dieu entièrement appliqués à cette fonction. Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; Car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. Cela importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes : C’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru. La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Marchons honnêtement, comme en plein jour, loin des excès et de l’ivrognerie, de la luxure et de l’impudicité, des querelles et des jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. »

Ouvrez les yeux à cette lumière, qui transforme en Dieu même ceux qui la reçoivent. Ecoutez avec étonnement ces paroles que l’Oracle du ciel fait retentir tous les jours à nos oreilles : Si vous entendez aujourd’hui sa voix, n’endurcissez point vos cœurs comme nous l’enseigne le Psaume 94 : 

« Dieu des vengeances, Eternel ! Dieu des vengeances, parais ! Lève-toi, juge de la terre ! Rends aux superbes selon leurs œuvres ! Jusqu’à quand les méchants, ô Eternel ! Jusqu’à quand les méchants triompheront-ils ? Ils discourent, ils parlent avec arrogance ; Tous ceux qui font le mal se glorifient. Eternel ! Ils écrasent ton peuple, ils oppriment ton héritage ; Ils égorgent la veuve et l’étranger, ils assassinent les orphelins. Et ils disent : L’Eternel ne regarde pas, le Dieu de Jacob ne fait pas attention ! Prenez-y garde, hommes stupides ! Insensés, quand serez-vous sages ? Celui qui a planté l’oreille n’entendrait-il pas ? Celui qui a formé l’œil ne verrait-il pas ? Celui qui châtie les nations ne punirait-il point, Lui qui donne à l’homme l’intelligence ? L’Eternel connaît les pensées de l’homme, Il sait qu’elles sont vaines. Heureux l’homme que tu châties, ô Eternel ! Et que tu instruis par ta loi, pour le calmer aux jours du malheur, jusqu’à ce que la fosse soit creusée pour le méchant ! Car l’Eternel ne délaisse pas son peuple, Il n’abandonne pas son héritage ; Car le jugement sera conforme à la justice, et tous ceux dont le cœur est droit l’approuveront. Qui se lèvera pour moi contre les méchants ? Qui me soutiendra contre ceux qui font le mal ? Si l’Eternel n’était pas mon secours, mon âme serait bien vite dans la demeure du silence. Quand je dis : Mon pied chancelle ! Ta bonté, ô Eternel ! Me sert d’appui. Quand les pensées s’agitent en foule au dedans de moi, tes consolations réjouissent mon âme. Les méchants te feraient-ils siéger sur leur trône, eux qui forment des desseins iniques en dépit de la loi ? Ils se rassemblent contre la vie du juste, et ils condamnent le sang innocent. Mais l’Eternel est ma retraite, mon Dieu est le rocher de mon refuge. Il fera retomber sur eux leur iniquité, Il les anéantira par leur méchanceté ; L’Eternel, notre Dieu, les anéantira. »

Ou encore, que celui qui a des oreilles pour écouter, entende ce que l’Esprit saint dit aux Eglises, au Chapitre 2 de l’Apocalypse :

« Ecris à l’ange de l’Eglise d’Ephèse : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or : Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; Que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ; Que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t’es point lassé. Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; Sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes. Tu as pourtant ceci, c’est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : A celui qui vaincra je donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. Ecris à l’ange de l’Eglise de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort. Ecris à l’ange de l’Eglise de Pergame : Voici ce que dit celui qui a l’épée aiguë, à deux tranchants : Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. Mais j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrassent à l’impudicité. De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes. Repens-toi donc ; Sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l’épée de ma bouche. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises : A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; Et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. Ecris à l’ange de l’Eglise de Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent : Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernières œuvres plus nombreuses que les premières. Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. Je lui ai donné du temps, afin qu’elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu’ils ne se repentent de leurs œuvres. Je ferai mourir de mort ses enfants ; Et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres. A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis : Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau ; Seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu’à ce que je vienne. A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père. Et je lui donnerai l’étoile du matin. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ! »

Et que dit-il ? Venez, mes enfants. Ecoutez-moi, je vous apprendrai à craindre le Seigneur, comme l’enseigne le Psaume 33 :

« Justes, réjouissez-vous en l’Eternel ! La louange sied aux hommes droits. Célébrez l’Eternel avec la harpe, célébrez-le sur le luth à dix cordes. Chantez-lui un cantique nouveau ! Faites retentir vos instruments et vos voix ! Car la parole de l’Eternel est droite, et toutes ses œuvres s’accomplissent avec fidélité ; Il aime la justice et la droiture ; La bonté de l’Eternel remplit la terre. Les cieux ont été faits par la parole de l’Eternel, Et toute leur armée par le souffle de sa bouche. Il amoncelle en un tas les eaux de la mer, Il met dans des réservoirs les abîmes. Que toute la terre craigne l’Eternel ! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui ! Car il dit, et la chose arrive ; Il ordonne, et elle existe. L’Eternel renverse les desseins des nations, Il anéantit les projets des peuples ; Les desseins de l’Eternel subsistent à jamais, et les projets de son cœur, de génération en génération. Heureuse la nation dont l’Eternel est le Dieu ! Heureux le peuple qu’il choisit pour son héritage ! L’Eternel regarde du haut des cieux, Il voit tous les fils de l’homme ; Du lieu de sa demeure Il observe tous les habitants de la terre, lui qui forme leur cœur à tous, qui est attentif à toutes leurs actions. Ce n’est pas une grande armée qui sauve le roi, ce n’est pas une grande force qui délivre le héros ; Le cheval est impuissant pour assurer le salut, et toute sa vigueur ne donne pas la délivrance. Voici, l’œil de l’Eternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent en sa bonté, afin d’arracher leur âme à la mort et de les faire vivre au milieu de la famine. Notre âme espère en l’Eternel ; Il est notre secours et notre bouclier. Car notre cœur met en lui sa joie, car nous avons confiance en son saint nom. Eternel ! Que ta grâce soit sur nous, comme nous espérons en toi ! »

Courez pendant que la lumière de la vie vous éclaire, de crainte que vous ne vous trouviez surpris par les ténèbres de la mort, comme nous le dit Jésus-Christ dans l’Evangile de Jean au Chapitre 12, versets 44 à 50 : 

« Celui qui croit en moi croit, non pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé ; Et celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé. Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge ; Car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge ; La parole que j’ai annoncée, c’est elle qui le jugera au dernier jour. Car je n’ai point parlé de moi-même ; Mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. Et je sais que son commandement est la vie Eternelle. C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites. »

Dans un autre endroit des Saintes Ecritures, le Psaume 33, le Seigneur cherche dans le milieu de son peuple auquel il adresse ces paroles, un ouvrier fidèle pour lequel il s’écrie :

« Qui est celui qui désire la vie, et qui souhaite de voir ses jours bienheureux ? »

Si, touché par cette voix, vous lui répondez, c’est moi, il vous répliquera aussitôt :

« Si vous voulez jouir de cette vie, véritable et éternelle, empêchez que votre bouche ne s’ouvre pour dire du mal, et que vos lèvres ne prononcent des paroles doubles et trompeuses. Détournez-vous du mal, et faites-le bien. Cherchez la paix avec ardeur et avec persévérance. »

Et encore, dans Esaïe 58 et 65 :

« Lorsque vous agirez de la sorte, je ne détournerai point mes yeux du dessus de vous, je serai toujours prêt à écouter vos prières, et je vous dirai, Me voici, avant que vous me les ayez adressées. »

Qu’y a-t-il de plus doux, mes très chers frères, que cette voix du Seigneur si attrayante ? Vous voyez que sa bonté est si grande, qu’il vous montre lui-même le chemin de la vie. Geignez donc vos reins de la pureté de votre foi et de la pratique des bonnes œuvres, et tenez-vous tout prêts à marcher, en suivant l’Evangile pour la règle de votre conduite, afin qu’avançant dans les voies qu’il vous marque, vous puissiez mériter de voir un jour dans son royaume celui qui vous a appelés à son service. Car, si vous voulez vous établir une demeure dans ces Tabernacles sacrés, vous devez savoir que cela ne vous est pas possible, à moins de courir et de vous hâter de vous y rendre par la sainteté de vos actions, comme le montre le Chapitre 6, de l’Epître aux Ephésiens, versets 1 à 18 : 

« Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère, afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs du Christ, qui font de bon cœur la volonté de Dieu. Servez-les avec empressement, comme servant le Seigneur et non des hommes, sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce qu’il aura fait de bien. Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que devant lui il n’y a point d’acception de personnes. Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme : Ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; Revêtez la cuirasse de la justice ; Mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix ; Prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ; Prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. »

Interrogeons le Seigneur, en lui disant tout comme le Prophète dans le Psaume 14 :

« Seigneur, qui est celui qui habitera dans vos Tabernacles, et qui reposera sur votre montagne sainte ? »

Ecoutons ensuite le Seigneur qui nous répond dans les Psaumes 14 et 136, et qui nous montre le chemin qui conduit à ce Tabernacle, et qui nous dit :

« C’est celui dont la vie est sans tache, et qui fait le bien, qui dit la vérité du sentiment de son cœur. De qui les lèvres sont pures et sincères, qui ne fait de mal à personne, et qui n’écoute point ce que l’on dit au désavantage de son prochain qui fermant toutes les avenues de son cœur, rejette tout ensemble et l’esprit de malice et les pensées qu’il lui suggère, et réduisant à rien tous ses efforts, arrête et brise ses tentations encore toutes naissantes, contre la véritable pierre, qui est Jésus-Christ. »

Enfin, ce sont ceux qui, craignant Dieu, ne s’élèvent point du bien qu’ils peuvent apercevoir dans leur conduite, mais qui reconnaissant qu’ils ne peuvent aucun bien d’eux-mêmes, et que c’est purement à lui qu’ils le doivent, le glorifient de ses propres œuvres, lui disant comme le Prophète au Psaume 113 :

« Ce n’est point à nous, Seigneur, ce n’est point à nous, mais à votre nom seul, que la gloire en est due. »

Et, imitant le saint Apôtre Paul, qui, ne s’attribuant rien du succès de ses prédications, disait au Chapitre 15 de sa Première Epître aux Corinthiens :

« C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. »

Ou encore, au Chapitre 10 de la Deuxième Epître aux Corinthiens :

« Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. »

Aussi le Seigneur dit lui-même au Chapitre 7 de l’Evangile de Matthieu :

« Celui qui écoute mes paroles, et qui les accomplit, sera semblable à un homme sage, qui a bâti sa maison sur la pierre. Les fleuves ont débordé, les vents se sont élevés, et l’ont battue avec violence. Mais elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur la pierre. »

Pendant que le Seigneur travaille à nous faire entrer dans toutes ces vérités, il attend de jour en jour que nous répondions par la sainteté de nos œuvres à la sainteté de ses instructions. Et s’il nous accorde ici-bas quelques jours de vie et de repos, ce n’est que pour nous permettre d’avoir plus de temps et de moyens pour réparer les fautes passées, suivant cette parole de l’Apôtre Paul au Chapitre 2, verset 4 de l’Epître aux Romains :

« Ignorez-vous que la patience de Dieu vous invite à la pénitence ? »

Ainsi que le Seigneur, si plein de bonté, le déclare au Chapitre 11 du Livre d’Ezéchiel, en disant :

« Ma volonté n’est pas que le pécheur meure, mais qu’il se convertisse, et qu’il vive. »

Vous voyez donc, mes frères, qu’ayant demandé au Seigneur qui sont ceux qui entreront dans son Tabernacle, il vous a commandé d’y habiter, il vous a appris les devoirs de ceux qu’il y destine, et les conditions qu’ils sont obligés de garder pour se rendre dignes de son royaume.

Il faut donc préparer vos cœurs et, vos corps tout ensemble, pour combattre sous l’obéissance de ses lois saintes, et prier Dieu qu’il vous donne les grâces nécessaires pour pouvoir observer ce qui surpasse en vous les forces de la nature. Car, si vous voulez éviter les peines de l’Enfer, et acquérir les récompenses immortelles, il faut, pendant que vous le pouvez, que vous êtes encore dans cette vie passagère, et que la lumière dont vous jouissez vous en donne les moyens, vous avancer avec vitesse, et faire dès ce moment et sans différer, ce qui peut vous rendre éternellement heureux.

C’est donc pour cela que nous allons instituer une divine école afin d’y apprendre à servir Jésus-Christ, dans laquelle nous espérons ne rien établir ni de trop rude, ni de trop pesant. Que, si le motif de la justice et de la raison, le dessein de corriger les vices et de conserver la charité, nous oblige d’ordonner quelque chose de plus resserré et de plus rigoureux, gardez-vous bien de vous laisser surprendre par la crainte, et de quitter la voie du salut, dont les commencements sont toujours plus épineux et plus étroits. Mais à mesure que l’on avance dans le chemin de la piété et de la foi, le cœur venant à s’élargir et à s’étendre, on court dans la voie des commandements du Seigneur, par un sentiment d’amour et par une douceur ineffable, comme le souligne le Psaume 118 : 

« Louez l’Eternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! Qu’Israël dise : Car sa miséricorde dure à toujours ! Que la maison d’Aaron dise : Car sa miséricorde dure à toujours ! Que ceux qui craignent l’Eternel disent : Car sa miséricorde dure à toujours ! Du sein de la détresse, j’ai invoqué l’Eternel : L’Eternel m’a exaucé, m’a mis au large. L’Eternel est pour moi, je ne crains rien : Que peuvent me faire des hommes ? L’Eternel est mon secours, et je me réjouis à la vue de mes ennemis. Mieux vaut chercher un refuge en l’Eternel que de se confier à l’homme ; Mieux vaut chercher un refuge en l’Eternel que de se confier aux grands. Toutes les nations m’environnaient : Au nom de l’Eternel, je les taille en pièces. Elles m’environnaient, m’enveloppaient : Au nom de l’Eternel, je les taille en pièces. Elles m’environnaient comme des abeilles ; Elles s’éteignent comme un feu d’épines ; Au nom de l’Eternel, je les taille en pièces. Tu me poussais pour me faire tomber ; Mais l’Eternel m’a secouru. L’Eternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C’est lui qui m’a sauvé. Des cris de triomphe et de salut s’élèvent dans les tentes des justes : La droite de l’Eternel manifeste sa puissance ! La droite de l’Eternel est élevée ! La droite de l’Eternel manifeste sa puissance ! Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les œuvres de l’Eternel. L’Eternel m’a châtié, mais il ne m’a pas livré à la mort. Ouvrez-moi les portes de la justice : J’entrerai, je louerai l’Eternel. Voici la porte de l’Eternel : C’est par elle qu’entrent les justes. Je te loue, parce que tu m’as exaucé, parce que tu m’as sauvé. La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. C’est de l’Eternel que cela est venu : C’est un prodige à nos yeux. C’est ici la journée que l’Eternel a faite : Qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie ! Ô Eternel, accorde le salut ! Ô Eternel, donne la prospérité ! Béni soit celui qui vient au nom de l’Eternel ! Nous vous bénissons de la maison de l’Eternel. L’Eternel est Dieu, et il nous éclaire. Attachez la victime avec des liens, amenez-la jusqu’aux cornes de l’autel ! Tu es mon Dieu, et je te louerai ; Mon Dieu ! Je t’exalterai. Louez l’Eternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! »

Nous attachant invariablement à la discipline de ce divin maître, à la pratique de ses instructions, et persévérant jusqu’à la mort dans le Monastère, nous pourrons nous rendre dignes de participer par nos souffrances à la passion de Jésus-Christ, et mériter d’être avec lui, les héritiers de son royaume, suivant le Chapitre 2 de la Deuxième Epître à Timothée :

« Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ. Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. Souffre avec moi, comme un bon soldat de Jésus-Christ. Il n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé ; Et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles. Il faut que le laboureur travaille avant de recueillir les fruits. Comprends ce que je dis, car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses. Souviens-toi de Jésus-Christ, issu de la postérité de David, ressuscité des morts, selon mon Evangile, pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas liée. C’est pourquoi je supporte tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est en Jésus-Christ, avec la gloire éternelle. Cette parole est certaine : Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; Si nous le renions, lui aussi nous reniera ; Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. Rappelle ces choses, en conjurant devant Dieu qu’on évite les disputes de mots, qui ne servent qu’à la ruine de ceux qui écoutent. Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. Evite les discours vains et profanes ; Car ceux qui les tiennent avanceront toujours plus dans l’impiété, et leur parole rongera comme la gangrène. De ce nombre sont Hyménée et Philète, qui se sont détournés de la vérité, disant que la résurrection est déjà arrivée, et qui renversent la foi de quelques-uns. Néanmoins, le solide fondement de Dieu reste debout, avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent ; Et : Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité. Dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais il y en a aussi de bois et de terre ; Les uns sont des vases d’honneur, et les autres sont d’un usage vil. Si donc quelqu’un se conserve pur, en s’abstenant de ces choses, il sera un vase d’honneur, sanctifié, utile à son maître, propre à toute bonne œuvre. Fuis les passions de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur. Repousse les discussions folles et inutiles, sachant qu’elles font naître des querelles. Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; Il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; Il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté. »

Bibliographie

Table des Matières du Tome II